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44th Street Notes


GUEST EDITORIAL: In Support of the Death Penalty Moratorium


Apr 2001

Le texte écrit par Félix G. Rohatyn, Ambassadeur des Etats-Unis en France de 1997 à 2000 pour le Washington Post a été traduit et publié dans un quotidien français. Cet article montre comment Félix G. Rohatyn " à force de débattre de cette question en Europe lors d'interviews, de discussions dans les Universités ou de conversations informelles " en est venu à soutenir l'idée d'un moratoire qui permettrait une réflexion approfondie sur le recours à la peine capitale.

En effet, pour nous européens, des exécutions aux Etats-Unis, parce qu'elles frappent le plus souvent des pauvres, des membres de minorités raciales ou culturelles, des personnes peu intégrées socialement, des justiciables qui n'ont pas bénéficié de toutes les garanties des droits de la défense ces exécutions nous contraignent à nous interroger. Mais notre questionnement est double. D'une part, ces condamnations à mort ne paraissent pas justes puisque, statistiquement, elles ne frappent qu'une partie singulière de la population américaine. D'autre part, et peut-être surtout, un aussi grand pays dont le leadership moral est incontestable au plan mondial ne peut pas tolérer une telle situation sauf à risquer précisément de perdre ce leadership mondial.

Et c'est précisément, je l'ai solennellement dit par ailleurs, parce que, nous européens, avons une immense dette à l'égard des Etats-Unis, que nous avons le droit, voire le devoir de questionner les avocats américains sur leur tolérance de la peine de mort. Il faut un moratoire parce que la discussion sur l'application de la peine de mort interdit une réflexion plus profonde et totalement indispensable aux Etats-Unis, comme en Europe, sur la manière dont nous traitons -et le crime et le châtiment -. La passion du débat autour de la peine de mort aveugle l'examen plus profond sur les causes du crime et la nécessité d'un châtiment qui soit à la fois une mesure protectrice de la société et une mesure de réinsertion de la personne dans la société. La réflexion sur des sujets aussi lourds et qui engage tellement l'avenir doit être sereine et équilibrée. Cela interdit les prises de positions extrêmes qui sont celles qu'incitent à prendre un débat trop émotionnel. La répétition des exécutions capitales aux Etats-Unis, ajoute au surplus un sentiment d'urgence incompatible avec le temps que cette discussion sur crime et châtiment prendra. Un moratoire a cet avantage immense qu'il ne préjuge pas de la réponse que les américains apporteront à cette question.

J'ai la conviction, parce que les Etats-Unis sont une immense Nation, que l'abolition sera décidée au bout de ce débat. Mais parce que nous avons, nous, européens, besoin d'avoir confiance en vous, américains, il importe que vous lanciez le débat sur le crime et le châtiment dans les meilleures conditions possibles, c'est à dire, en décidant d'abord du moratoire des exécutions. La responsabilité des avocats américains est immense puisque c'est d'eux et d'eux d'abord que viendra l'énergie qui permettra de convaincre le peuple américain de cette impérieuse nécessité. Mais, dans la mesure de nos moyens, nous les soutiendrons sans faille.





In a recent column written for the Washington Post, Felix Rohatyn, United States Ambassador to France from 1997-2000, explains how, by debating about the death penalty in Europe in interviews, university discussions or informal conversations, he has come to support a death penalty moratorium which would allow a full review of the use of capital punishment.1 Indeed, for us Europeans, executions in the United States, because they fall most often on poor people, members of racial or cultural minorities, people with little social integration, defendants who have not realized fully the guaranties of defense rights, raise questions for us. But our questioning is double. On the one hand, these death sentences do not seem just, since statistically, they only fall on a particular part of the American population. On the other hand, and perhaps above all, such a great country whose moral leadership is incontestable in the world community cannot tolerate such a situation without risking precisely the loss of this world leadership.

And it is precisely, as I have solemnly said before, because we Europeans have an immense debt towards the United States that we have the right, even the duty, to question American lawyers about their tolerance of the death penalty. A moratorium is necessary because the discussion about the use of the death penalty in particular cases prevents a deeper and totally indispensable reflection, in the United States as in Europe, on the manner in which we treat both crime and punishment. The passion of the debate on the death penalty blinds the deeper examination of the causes of crime and of the necessity of a punishment that is at the same time a protective measure for the society and a measure for the reinsertion of the person in society. The reflection on such a weighty topic, which is so important to the future, has to be dispassionate and balanced. A moratorium would prevent the taking of extreme positions which encourage an excessively emotional debate. The carrying out of executions in the United States adds an excess feeling of urgency incompatible with the time that this discussion on the right approach to crime and punishment will require. A moratorium also has the great advantage that it does not prejudge the response Americans will make to this question.

I have the conviction, because the United States is a great nation, that it will decide at the end to abolish the death penalty. But because we Europeans need to have confidence in you, Americans, it is necessary that you launch this debate on crime and punishment in the best possible conditions, that is to say by first imposing a moratorium on executions. The responsibility of American lawyers is tremendous since it is from them, and from them firstly, that the energy that will convince the American people of this compelling necessity, will come. And, to the extent of our capacity, we will support you without fail.

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